La création du nouveau “parti de la gauche verte” ne sert pas l’intérêt de la gauche marocaine

Un nouveau parti politique vient d’être créé au Maroc, et c’est une mauvaise nouvelle (cf article LeSoir). Le « parti de la gauche verte », c’est ainsi qu’il s’est baptisé, est issu du courant Liberté d’initiative du Parti Socialiste Unifié, qui rappelons le est lui-même issu de l’USFP (qui lui-même est issu…enfin bref on arrête là). Les fondateurs de ce parti justifient cette nouvelle création à travers trois arguments :

1. Ils souhaitent que le parti soit doté d’une organisation « fédérale », ce qui semble une innovation technique
2. Ils souhaitent surfer sur la vague Développement durable du moment
3. Ils souhaitent apporter un « cadre de travail » pour des militants associatifs

Hypocrisie et opportunisme
J’apprécie que certains militants innovent en matière de techniques d’organisation d’un parti et j’apprécie surtout que les militants de gauche portent le développement durable à un haut rang de priorité. Il est vrai que les objectifs d’un parti ne sauraient être atteints sans que l’appareil soit structuré de manière sophistiquée et démocratique. Il est vrai aussi qu’il est grand temps que l’écologie occupe le devant de la scène des priorités politiques, que les partis prennent le relais des alertes données par les associations locales de défense de l’environnement. Le projet de charte pour l’environnement, au delà des festivités auxquels il a donné lieu ces derniers jours à Rabat à l’occasion de la journée mondiale de la terre, doit se traduire par des mesures concrètes et contraignantes qui imposent de protéger l’environnement. Cet un enjeu d’une grande importance et nous ne pouvons pas compter sur le seul « Parti de l’environnement et du développement » pour le porter, ce parti ayant passé ces derniers temps à entériner sa fusion avec le PAM puis sa scission de celui-ci. Néanmoins, je désapprouve totalement cette initiative. J’aimerais dire aux fondateurs de ce nouveau parti et à Monsieur Farès en particulier que ce n’est pas parce qu’un militant à soudain eu une bonne idée qu’il doit créer pour autant un nouveau parti. Cette initiative démontre l’incapacité du courant à observer et à appliquer la logique de la démocratie interne du parti, à s’entendre avec ses pairs et à admettre les compromis et arbitrages inhérent à la vie politique. D’autant plus qu’il s’agit du PSU réputé pour être un des partis au Maroc les plus démocratiques et, à ma connaissance, le seul qui portent des courants en son sein ce qui est aussi une marque de démocratie interne. Si les fondateurs de ce parti étaient à ce point convaincu de la nécessité d’organiser l’action partisane en fédération il aurait fallu militer intérieurement pour cette thèse afin que le PSU adopte cette technique. Aussi, la promotion de l’écologie de gauche n’a pas besoin de la création d’un nouveau parti, il suffit de promouvoir les revendications écologistes concrètes au sein du programme du parti. Quant à l’argument de donner un « cadre de travail » pour les acteurs associatifs, je ne vois pas en quoi est ce que le nouveau parti peut y prétendre plus que le PSU. Une dernière contradiction dans leur projet est leur souhait de « s’allier avec les autres forces modernistes, démocratiques et progressistes », vont-ils s’allier au …PSU ? Comment expliquer qu’on veuille sortir d’un parti pour s’allier à d’autres ? A mon sens, la seule raison valable à cette initiative est certainement la volonté de se faire voir, alors que l’action politique est sensée être au service de la société, non au service des politiciens.

Seule l’union fait la force
A l’heure où il apparait clair que le projet socialiste et progressiste ne pourrait avoir d’avenir certain au Maroc sans l’union de toutes les forces de gauche, à l’heure où certaines initiatives de partis comme d’associations de jeunes œuvrent pour le rapprochement entre les partis déjà trop nombreux et disparates, la création de ce nouveau parti s’inscrit en porte à faux de l’intérêt de la gauche qu’elle prétend promouvoir. Nous avons besoin d’initiatives fédératrices, nous avons besoin d’unifier les partis, de faire le bilan des erreurs commises, d’en tirer des leçons pour l’avenir, nous avons besoin de faire en sorte de parler d’une seule voix aujourd’hui et demain, nous avons besoin de trouver la force de l’union, c’est notre unique voie pour porter le projet de gauche que nous partageons tous. Le seul nouveau parti qui vaudrait éventuellement la peine d’être créé est celui qui fusionnerait ensemble et d’un coup tous les partis de gauche. Je propose donc au courant Liberbé d’initiative d’abandonner cette voie et de poursuivre le militantisme au sein du PSU afin de ne pas compliquer l’énorme travail d’unions des partis démocrates qui nous attend.

Chraîbi Réda

Advertenties

Geef een reactie

Vul je gegevens in of klik op een icoon om in te loggen.

WordPress.com logo

Je reageert onder je WordPress.com account. Log uit / Bijwerken )

Twitter-afbeelding

Je reageert onder je Twitter account. Log uit / Bijwerken )

Facebook foto

Je reageert onder je Facebook account. Log uit / Bijwerken )

Google+ photo

Je reageert onder je Google+ account. Log uit / Bijwerken )

Verbinden met %s

%d bloggers liken dit: